| Accueil >> Sermons perdus

Le côté obscur de la tradition

Arkhip Kuinji. Nuit au clair de lune sur le Dniepre.
(Arkhip Kuinji. Nuit au clair de lune sur le Dniepre. Source)

1) Introduction

Devrait-on croire les soi-disant «catholiques traditionalistes», qui parfois prétendent, plus ou moins explicitement, que:

- le Concile Vatican II a causé un grand tort à l'Église;
- l'ancienne Messe en latin est intrinsèquement supérieure;
- Paul VI et Jean-Paul II n'étaient pas aussi «papaux» que les «vrais Papes» comme Pie X;
- le Catéchisme de l'Église catholique (CÉC) contient des hérésies;
- Etc.

Je suis loin d'être un théologien, ou un expert sur le «traditionalisme», alors ce qui suit n'est que mon opinion. Veuillez garder en tête que s'il devait y avoir un désaccord entre le Pape et moi, j'ai tort. Aussi, ma préférence liturgique personnelle est la Messe de Vatican 3

Gardez aussi en tête que, comme d'habitude, il faut distinguer entre les positions théologiques et les intentions personnelles. Selon mon expérience, de nombreux «traditionalistes» désirent sincèrement suivre le Christ. Certains d'entre eux ont été bernés, mais ils sont au moins en partie excusables, étant donné l'effort systématique qui a été déployé pour les tromper.

2) Que prétendent les «traditionalistes», exactement?

Si on veut avoir un débat sérieux à n'importe quel sujet, un des prérequis est qu'on doit découvrir ce que «l'autre côté» prétend officiellement. Par exemple, quand je veux avoir un débat avec les pro-choix ou les protestants, je leur dis toujours que la position que je vais défendre est décrite dans le CÉC (en ce moment le résumé le plus officiel des enseignements de l'Église catholique).

Tout de suite en partant, nous avons un immense problème, puisqu'il n'y a pas d'«Autorité centrale traditionaliste» à laquelle tous les «traditionalistes» doivent obéir. On peut trouver, sous le vocable de «traditionaliste», tout un éventail de positions, allant de la simple préférence pour la Messe dite en latin, jusqu'à l'autre extrême, où le Pape actuel est considéré comme un imposteur et le CÉC comme étant rempli d'hérésies. Tous les «traditionalistes» vont prétendre qu'ils sont catholiques et donc fidèles au Pape, mais plusieurs vont rajouter: «sauf quand le Pape se trompe et que nous avons raison!»

À cause de ce manque d'unité entre les «traditionalistes», je ne vois pas comment je pourrais éviter de faire une sorte de portrait-robot du «traditionaliste» typique, en me fondant sur diverses affirmations que j'ai entendues et documents que j'ai lus.

3) Quel terrain d'entente y a-t-il avec les «traditionalistes»?

Le chef de la FSSPX parle au Vatican au téléphone.
[Source?]

Voici quelques affirmations qui semblent être acceptables autant aux «traditionalistes» qu'aux catholiques qui acceptent Vatican II:

3.1) C'est la pagaille dans l'Église catholique en ce moment. Il y a plusieurs hérétiques, même parmi les prêtres et les évêques. Les problèmes ne sont pas seulement théologiques, et comme le dit John Mallon: «L'attitude de ces Jésuites et autres membres du clergé, qui font des commentaires à la presse séculière, semble être que l'Église et la prêtrise sont leur propre petit sauna gai, et que le Pape est bien effronté de tenter de leur imposer le catholicisme» [«Les prêtres "gais": une contradiction dans les termes», Status Ecclesiae, novembre 2005]. Voir aussi la FAQ No. 7, «A-t-on vraiment besoin d'une bonne inquisition dans la province de Québec?», et «Le Derby de démolition diocésain», etc.

3.2) Chronologiquement, on peut prétendre que cette pagaille a commencé à peu près à l'époque de Vatican II. Plusieurs statistiques (par exemple le nombre de vocations, les Baptêmes, le pourcentage des fidèles qui fréquentent la Messe dominicale, etc.) semble indiquer qu'il y a une corrélation temporelle entre la pagaille décrite dans le No. 3.1 ci-haut, et le Concile Vatican II.

3.3) L'ancienne Messe de 1962 est encore valide. Aucune personne en communion avec le Saint-Père ne met en doute que la «vieille» Messe était, est, et sera toujours une Messe valide.

3.4) «L'esprit de Vatican II» est Satanique. De nombreux protestants libéraux prétendent être «catholiques». Ces protestants libéraux sont habituellement en faveur de l'ordination des femmes, du «mariage» homosexuel, de la pilule anticonceptionnelle, de l'avortement, du divorce, etc. Ils sont aussi normalement contre la Transsubstantiation, l'infaillibilité Papale, la Vierge Marie, etc. Ces protestants libéraux prétendent aussi presque inévitablement être «fidèles à l'esprit de Vatican II». Bien sûr, le fait que toutes leurs prétentions sont contredites par les documents officiels de Vatican II ne les dérange pas! (Voir aussi «L'esprit» satanique de Vatican II)

3.5) L'infaillibilité papale a ses limites. Les Papes peuvent commettre des péchés personnels. En tant que théologiens personnels, ils peuvent se tromper. Lorsqu'ils parlent en tant que Pape, mais non pas ex cathedra, ils peuvent se tromper (mais on doit quand même leur obéir). Voir entre autres «L'Infaillibilité papale, et les dieux stupides».

3.6) Les documents officiels de Vatican II ne sont pas parfaits. Les musulmans croient que le coran a été dicté mot-à-mot par Dieu. (Les catholiques ne croient pas cela pour la Bible, mais nous croyons que la Bible a été écrite sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Il y a déjà une certaine «distance» entre Dieu et la Bible.) Or pour certains Gauchistes, c'est comme si les documents officiels de Vatican II avaient été dictés mot-à-mot par Dieu, comme le coran! Pourtant, on peut constater qu'à plusieurs endroits ces documents sont influencés par le catholais, et qu'ils pèchent parfois par omission (comme lorsqu'ils ne clarifient pas les conséquences politiques du Règne social du Christ, or lorsqu'ils mentionnent précipitemment le Péché Originel sans expliquer les graves blessures qui en découlent, ou lorsque leur amour débordant pour les musulmans éclabousse l'islam etc.). Les documents officiels de Vatican II sont comme un navire balloté par les vagues durant une épouvantable tempête. Le navire ne coule pas, mais de nombreuses vagues s'écrasent sur son pont, et tout le navire gîte dangereusement à babord à plusieurs reprises.

4) Qu'est-ce qui ne va pas avec le «Traditionalisme»?

Manipulation.
[Source]

Comme je l'ai dit dans le No. 2 ci-haut, puisqu'il n'y a pas «d'Autorité centrale», je ne peux pas affirmer quoi que ce soit de définitif tant que je ne suis pas placé devant un «traditionaliste» en chair et en os. D'habitude, pour ce qui est des «traditionalistes» plus extrêmes, on ne s'entend pas à propos des sujets énumérés dans l'Introduction ci-haut.

Fondamentalement, je prétends qu'il y a un «Côté obscur» au traditionalisme. Satan, comme d'habitude, utilise ses pouvoirs de mystification pour encourager les gens à se couper du Saint-Père. Les marmonnages en latin et les citations de Papes décédés de longue date ne sont qu'un écran de fumée pour cacher le plan d'attaque du Diable:

D'abord, encourager une grande proportion des fidèles à adopter des croyances et comportements aberrants et non-chrétiens au nom de Vatican II.

Deuxièmement, prétendre que puisque ces aberrations se sont produites après et au nom de Vatican II, «donc» elles ont été causées par Vatican II. Insinuer avec ruse que, puisque les Papes récents ont ordonné et adopté Vatican II, les «catholiques traditionalistes» doivent se couper du Pape afin de rester dans l'Église.

Finalement, flatter doucement l'orgueil des «traditionalistes», en susurrant dans leurs oreilles que eux seuls sont assez intelligents pour patauger dans les montagnes de documents magistériels pré-Vatican II, et ainsi décider ce que le catholicisme devrait vraiment être.

5) Les deux mots latins que les «traditionalistes» ont tant de misère à dire

Tous les «traditionalistes» que j'ai rencontrés avaient une révérence quasi-religieuse pour la langue latine, mais il y a deux mots en latin qu'ils utilisent très rarement: «Ceteris Paribus».

Sans ces deux mots, la science est impossible. «Ceteris Paribus» (ou «toutes autres choses étant égales», en français) est nécessaire pour éviter de comparer les pommes avec les oranges. Je n'ai jamais rencontré de «traditionaliste» qui comparait l'ancienne Messe de 1962 avec la nouvelle Messe de Paul VI sans enfreindre ce principe.

Si vous prenez un prêtre hérétique et sodomite qui est empêtré dans les religions du Nouvel Âge, qui déteste le chant grégorien et les belles cérémonies, et qui invente sa propre liturgie au fur et à mesure, vous allez obtenir un résultat dégoûtant. Cette Messe pourrait, dans certains cas, être encore valide (par exemple, la Transsubstantiation pourrait encore avoir lieu, et le précepte du dimanche être satisfait), mais il va donner envie de vomir aux vrais catholiques.

Je prétends qu'un tel prêtre, malheureusement, peut profaner n'importe quelle Messe, ancienne ou moderne. N'oubliez pas que la pagaille dans l'Église catholique a commencé alors que l'ancienne Messe était omniprésente. Aussi, je suis un produit de la Messe de Paul VI, et je ne pense pas que vous pourriez me prendre en défaut pour ce qui est de mon attachement à la Tradition, la belle liturgie, la Transsubstantiation, etc.

Pour expliquer tout ceci complètement, j'imagine qu'on devrait aller examiner ce qui règle les actions humaines, autant à l'interne (la grâce de Dieu, la conscience humaine, les vertus et les vices, etc.) et à l'externe (les lois divines et humaines, etc.). Il n'y a rien dans un Missel qui force un prêtre à dire la Messe d'une manière ou d'une autre. En d'autre mots, le Missel «cause» la Messe, mais en passant par le libre-arbitre du prêtre, qui peut décider de respecter (ou non) la volonté du Christ concernant la liturgie de l'Église, Son Épouse.

6) Conclusion

Les «traditionalistes» plus extrêmes finissent par rejeter la tradition la plus importante de l'Église catholique, c'est-à-dire la soumission au Pape et aux évêques en communion avec le Pape:

«Mais c'est surtout une notion de la Tradition, qui s'oppose au Magistère universel de l'Église lequel appartient à l'évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l'apôtre Pierre, a confié le ministère de l'unité dans son Église»
[Ecclesia Dei, No. 4].

Les «traditionalistes» moins extrêmes sont souvent passablement ignorants des enseignements officiels de l'Église catholique, incluant les documents officiels de Vatican II. À ma connaissance, je suis capable de condamner toutes les aberrations modernes (dogmatiques, morales, liturgiques, etc.) simplement en citant soit Vatican II ou d'autres textes du Magistère post-conciliaire, comme on peut le constater par tout mon site web (même si, bien sûr, je peux aussi le faire avec des documents du Magistère qui précèdent Vatican II).

Une constatation finale et un peu bizarre est que c'est moi, «le gars de Vatican II», qui réclame à cor et à cri une bonne et joyeuse inquisition. Parfois, il semble que certains «traditionalistes» considèrent que la pagaille est dans une autre Église, pas la leur...

| Accueil >> Sermons perdus