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7) A-t-on vraiment besoin d'une bonne inquisition dans la province de Québec?

Grande bataille dans les cieux. Daniel Mitsui.
Grande bataille dans les cieux. Daniel Mitsui. (www.danielmitsui.com]

La réponse définitive ne m'appartient pas. Je ne suis ni un évêque, ni le Pape.

7.1) L'Église au Québec est malade

Plusieurs signes me mènent à penser qu'une bonne inquisition est nécessaire et urgente dans la province de Québec. En effet, l'Église catholique au Québec est malade.

Il y a d'abord les statistiques. Statistiques générales, comme taux élevés d'avortement, de suicide chez les jeunes, de divorce, etc. Statistiques plus directement religieuses: taux faibles de fréquentation de la messe, de baptêmes, de vocations à la prêtrise, etc. Il y a aussi les statistiques qui à notre connaissance n'existent pas, mais qu'on devrait faire: taux élevés d'ignorance des dogmes chez le peuple, d'hérésies chez certains prêtres, de déviations sexuelles dans le clergé, etc.

Il y a ensuite les livres qui traitent de ce sujet, comme «Goodbye, Good Men» de Micheal S. Rose, «The Decline and Fall of the Catholic Church in America», de David Carlin, etc. De nombreux articles sur l'Internet sont aussi disponibles, comme La promotion de la Culture de la mort par le clergé «catholique».

Il y a aussi l'échantillonnage informel de diverses publications qu'on distribue gratuitement aux fidèles dans les églises, comme les feuillets paroissiaux. J'ai commencé une collection de ces documents où on relève soit des hérésies manifestes, soit des silences étouffants (c'est-à-dire qu'on parle d'un sujet délicat, mais sans citer ou faire référence aux enseignements officiels de l'Église, et en usant de restriction mentale et d'expressions ambiguës, de manière à insinuer qu'une position contraire à l'Église est acceptable).

Il y a le manque d'implication des évêques dans les moyens de communication sociale. Par exemple, dans la librairie religieuse située à l'intérieur même de l'édifice de l'évêché de Québec, on vend des livres qui contiennent de graves erreurs doctrinales et morales. Aussi, un rapide examen des sites web officiels des diocèses de la province de Québec montre qu'il y a peu ou pas sur ces sites de dogme ou de morale, d'apologétique (raisons de croire), de polémique (défense du catholicisme contre les attaques des autres religions et des athées), etc. Aussi, peu ou pas de journaux n'ont de «chronique de l'évêque» hebdomadaire, ou quelque chose du genre, où l'évêque du lieu défend les enseignements de l'Église contre les attaques incessantes de certains journalistes.

Il y a le manque de contrôle de qualité de la catéchèse donnée aux enfants et aux adolescents. Certaines écoles, pendant que les écoles au Québec pouvaient encore parler de Dieu, donnaient des cours de catéchèse en se servant de manuels non-approuvés [Canon N° 827, paragraphe 2], qui présentent le catholicisme comme un choix parmi d'autres, qui omettent de parler de certains enseignements de l'Église en général, et en particulier les enseignements sur la sexualité (avortement, méthodes anti-conceptionnelles, relations sexuelles avant le mariage, masturbation, etc.), ou qui les défigurent.

Enfin, il y a mes impressions subjectives. Il y a les églises où nous voyons surtout des gens très âgés, et très apathiques. Aussi, les jeunes gens que je rencontre à l'université ou ailleurs, et qui souvent sont contre les enseignements de l'Église, tout en ne les connaissant pas! Et bien sûr, il y a les sermons que l'on n'entend plus.

7.2) Qui doit être blâmé?

Mais même si on concède que l'Église au Québec est malade, cela ne veut pas dire que cette maladie est causée par «les loups qui sont dans la bergerie». Essayons de mieux cerner cette cause, en procédant par élimination.

Est-ce la faute de Dieu? Non. Dieu existe, et Il n'est pas un imbécile. Dieu n'a pas oublié de mettre «Appeler bons jeunes hommes au sacerdoce» sur son agenda, par exemple.

Est-ce la faute du Pape? Non plus, le siège de Rome n'est pas vacant, le Pape n'est pas hérétique, et ainsi de suite.

Ne pourrait-on pas accuser les enseignements de l'Église? Non. Ils sont vrais et bons, car ils proviennent de Dieu. Même les enseignements les plus controversés (concernant l'avortement, la pilule anti-conceptionnelle, etc.), sont très bons.

Dans ce cas, ne pourrait-on pas pointer du doigt le peuple, et surtout les jeunes? Ici, il faut distinguer entre le domaine de la sainteté, et celui de la sociologie. Plusieurs saints dans l'histoire de l'Église, même s'ils n'étaient que d'obscures petits moines cachés dans une caverne, se sont néanmoins blâmés pour tous les maux de leurs époque, et ont fait pénitence en conséquence. Alors dans ce sens, oui, les laïques héroïques peuvent se blâmer pour tous les maux de l'Église au Québec aujourd'hui, et prier et faire pénitence pour demander un miracle. (Et bien sûr je recommande fortement un tel héroïsme. Par contre, quand je dois aller travailler le matin, je ne me mets pas en prière en attendant l'apparition miraculeuse d'un tapis volant. Je sors mon vélo.)

Mais du point de vue de la science (dans ce cas, la sociologie), le blâme est proportionnel à l'autorité. Par exemple, si un autobus dévie de la route et tombe dans un précipice, le blâme sera attribué surtout au conducteur qui avait le contrôle du volant et de la pédale de frein, pas à un simple passager qui ne pouvait que crier: «Attention, monsieur le Conducteur, vous êtes en train de sortir de la route!»

La sociologie nous enseigne que les laïcs ont très peu d'autorité dans l'Église catholique. La sociologie peut nous montrer d'autres religions où la hiérarchie est beaucoup plus «platte», mais l'Église catholique est organisée plus comme une «pyramide»; les laïcs doivent obéir aux prêtres, les prêtres doivent obéir aux évêques, les évêques doivent obéir au Pape, etc. Puisque les laïcs ont très peu de contrôle sur «le volant et la pédale de frein», on ne peut pas blâmer surtout les laïcs.

Ceci peut être dit en d'autres mots. Par exemple, dans mon cours d'officier d'infanterie, on m'a enseigné que dans un grand groupe de soldats, ce qui fait la différence, c'est la qualité des officiers. Le Curé d'Ars disait: Prêtre saint? Peuple pieux. Prêtre pieux? Peuple tiède. Prêtre tiède? Peuple païen.

Alors que reste-t-il? Les chefs. [Si 10:2]

7.3) Le clergé du Québec rend l'Église malade

Critiquer qui que ce soit est toujours risqué, et critiquer ses supérieurs l'est encore plus! (Voir: «Un catholique devrait-il critiquer publiquement ses supérieurs?»). Selon moi:

Nos chefs religieux au Québec nous ont laissé tomber. La petite minorité nous a laissé tomber en devenant hérétiques, et la grande majorité nous a laissé tomber en gardant un silence coupable, par manque de courage (c'est-à-dire en commettant des péchés d'omission).

(Une grande partie de mon site web est consacrée à fournir les données pour étayer cette affirmation. Voir entre autres: ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, etc.)

Il faut donc faire une bonne inquisition au Québec, pour démasquer les loups qui sont dans la bergerie, et traiter leur cas selon le droit canonique et les lois canadiennes.

En terminant, comme je le répète ailleurs, une bonne et joyeuse inquisition n'est qu'un des éléments de la solution complète. C'est un élément à la fois nécessaire et qui fait cruellement défaut de nos jours, mais une bonne inquisition n'est quand même pas la solution complète. Un autre élément de la solution complète est d'apprendre à aimer la Croix. En effet, plus on transmet fidèlement tous les enseignements de l'Église, plus on se fait persécuter, et la Croix n'est aimable que si on y trouve Jésus-Eucharistie. En fait, c'est un peu comme un «Yin et Yang» catholique: plus on se décentre de Jésus-Eucharistie, moins on a envie d'endurer les persécutions, et donc plus on essaie de cacher les enseignements de l'Église. Et vice-versa!

 

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