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Le dégel des frais de scolarité, et le printemps de l'économie

Transvertisseur cafféinomane écono-scientifique
Une entreprise qui transforme des grains de café en théories économiques

1) Introduction

Note historique: J'ai écrit l'article suivant il y a environ six ans. Voir ci-bas l'Annexe sur la controverse actuelle des frais de scolarité (2012).

Dans certaines villes, plusieurs personnes parlent des hauts et des bas de leurs équipes de hockey ou de baseball. Dans le petit village de Québec, puisque nous n'avons pas d'équipe professionnelle d'aucune sorte, nous avons tendance à parler des frais de scolarité (en ce moment «gelés» par l'État à un niveau très bas). Notre «saison des éliminatoires» est la période électorale, et le gros championnat est l'université gratuite!

Sérieusement, qu'est-ce que les étudiants devraient payer pour un diplôme post-secondaire? Rien? Tout? Quelque chose entre les deux? Si oui, où exactement entre les deux?

Je considère ces questions très importantes, car d'une certaine manière l'éducation est à la racine de toutes les solutions. Si vous définissez «l'éducation» comme étant «éclairer notre raison et rectifier notre volonté», alors manifestement l'éducation est la plus grande force naturelle en faveur du Bien commun! Malheureusement, l'importance élevée de ce sujet est inversement proportionnelle à ma compétence économique très faible. Je vais essayer de ne pas dire de bêtises, mais SVP gardez en tête que je n'ai pas de formation en économie.

2) Quelques principes de base

Je ne connais peut-être pas grand-chose en économie, mais plusieurs personnes semblent en savoir encore moins. Alors énumérons quelques principes de base. (Si vous pensez qu'ils sont trop simples, prenez quelques jours pour lire les journaux, et comptez le nombre de fois où ces principes sont bafoués!)

2.1) Le Sabbat est fait pour l'homme [Mc 2:27]. «C'est parce que le but de l'économie n'est pas dans l'économie elle-même, mais plutôt dans le fait qu'elle est destinée à l'humanité et la société» [CoDoSo, No. 331].

2.2) La faillite morale entraîne toujours la banqueroute financière. La prospérité économique n'est pas garantie si tous vos citoyens vont à la Messe, paient leurs impôts, travaillent fort et bien, évitent la boisson et les drogues, et ainsi de suite. Mais le désastre économique est garanti si suffisamment de citoyens se comportent de manière immorale. Voir aussi «Le Produit national brut et les Dix commandements».

2.3) Les billets de banque sont doués de libre-arbitre. Si les économistes étudiaient vraiment les billets de banque, ils auraient la vie facile. Un billet de banque en tant que tel se comporte d'une manière parfaitement prévisible: pliez-le, et il aura un pli; mettez-le au feu, et il va brûler. Mais les billets de banque sont contrôlés par des hommes, qui ont le libre-arbitre. Alors il est impossible de prédire parfaitement le comportement de l'argent. Voir aussi «Voulez-vous être un proton ou un électron?».

2.4) L'argent ne pousse pas dans les arbres. À quelque part, d'une certaine manière, quelqu'un va finir par payer. Il y a une infinité d'illusions économiques qui semblent contredire ce principe, mais elles ne sont que cela: des illusions. Par exemple, vous pouvez vous penser riche en grimpant au max vos cartes de crédit (que vous, ou tous les détenteurs de carte de crédit qui sont solvables, vont éventuellement payer). Ou vous pouvez voler une voiture (qui sera payée par tous les détenteurs de police d'assurance-vol qui paient leurs primes). Ou un pays tout entier peut imposer, à ses enfants et ses petits-enfants, une dette nationale écrasante, ou des forêts et des rivières gâchées par la pollution, etc. Voir aussi ce que claironne le bonhomme sur le tapis volant dans «Le développement durable, et la pollution par les voeux pieux»

2.5) Il ne sert à rien de couper des arbres efficacement, si on est dans la mauvaise forêt. Si vous visez la mauvaise cible économique, alors tous les efforts pour atteindre cette cible seront gaspillés, aussi héroïques et ingénieux soient-ils. Les soldats veulent dire la même chose lorsqu'ils parlent de «choisir et maintenir l'objectif».

2.6) Les tuyaux percés. N'importe qui peut attribuer des ressources, mais les attribuer efficacement exige du vrai talent. Imaginons une métaphore, où l'argent est de l'eau au fond d'un puits, et votre projet, qui a besoin de financement, est votre évier de cuisine. On pourrait dire que, directement ou indirectement, presque tous les tuyaux mènent à votre évier. Sauf que tous les tuyaux fuient, la plupart fuient trop, et certains sont tellement percés que vous n'obtiendrez jamais d'eux la moindre goutte d'eau! En termes économiques, nous pourrions, de fait, mettre tout notre argent dans un immense tas au milieu du pays, et ensuite le Gouvernement ferait la planification centrale de tout, incluant combien de cure-dents vous allez utiliser cette année. Mathématiquement, c'est la solution idéale, mais dans la vraie vie, cela ne peut pas marcher.

2.7) «Ceteris Paribus». Sans le célèbre insecticide appelé «Ceteris Paribus», l'essaim de facteurs va vous piquer à mort. En d'autres mots, nommez-moi une mesure économique, n'importe quelle mesure, et je vais vous trouver des scénarios où cette mesure va, soit améliorer immensément la situation, ou l'aggraver horriblement, ou n'avoir aucun effet perceptible! Cela ne signifie pas que la situation est sans espoir, mais plutôt que toute solution économique doit cibler plusieurs facteurs à la fois.

3) La science économique par affichettes («bumper-sticker» en anglais)

Si vous avez déjà entendu parler d'un genre de «Livre de proverbes économiques», SVP contactez-moi! Bien sûr, il faudrait encore lire plusieurs livres pour apprendre la science économique, mais il serait bien de pouvoir se rafraîchir la mémoire sans relire plusieurs décimètres linéaires de livres sur des étagères de bibliothèque.

Idéalement, cette «science économique par affichettes» non seulement donnerait une liste de proverbes brefs et faciles à mémoriser, mais elle les organiserait hiérarchiquement, donnerait une petite explication de chaque principe, donnerait les «proverbes synonymes», les références bibliographiques, etc.

4) Une tentative d'analyser le principe des «tuyaux percés»

Je n'ai pas encore mon livre de «science économique par affichettes», mais imaginons de quoi il pourrait parler, pour un des principes ci-haut. Le Principe No. 2.6 est particulièrement intéressant. D'une certaine manière, si vous pouvez «boucher les tuyaux percés», vous avez mérité votre salaire d'économiste. Essayons d'analyser ce principe, et d'énumérer quelques principes pour «l'attribution efficace des ressources»:

4.1) La vertu. Il n'y a aucun substitut pour l'honnêteté, l'altruisme, le travail acharné, etc. Ceci n'est qu'une répétition du Principe No. 2.2, mais il est tellement important qu'il vaut la peine de le répéter à temps et à contre-temps. D'une certaine manière, sans vertu, vos tuyaux vont être percés, quelles que soient vos autres mesures économiques, et si vous avez la vertu, les tuyaux ne fuiront pas, aussi percés soient-ils.

4.2) La propriété privée. Quelle est la différence entre une «bicyclette communautaire» qui appartient à tout le village, et ma bicyclette? Si on y pense, il n'y a pas de différence physique. La propriété privée est ce que les philosophes appellent «une entité morale», c'est-à-dire qu'elle n'existe que dans les esprits des hommes. Cela ne signifie pas que la propriété privée n'existe pas, ou qu'elle n'est pas importante! Au contraire, elle est essentielle, entre autres parce que la propriété privée peut faciliter la collaboration des hommes en vue du Bien commun. Essayons d'expliquer ça brièvement. (Voir aussi Aristote, Politique, Lib. 2, Cap. 3, 1261b.) Si les hommes avaient des raisons et des volontés parfaites, alors ils ressentiraient une douleur presque physique lorsqu'ils verraient quelqu'un crever les pneus de la bicyclette communautaire (ou de la forêt communautaire, ou du puits d'eau communautaire, etc.). C'est parce qu'endommager un bien particulier finit toujours par nuire au Bien commun. Mais les hommes ont souvent de la misère à voir le lien entre le Bien commun (qui est le bien personnel de chaque homme), et un mal personnel apparent (qui est en fait leur vrai bien personnel). Alors ils crèvent des pneus (ou coupent des arbres illégalement, ou polluent la nappe phréatique, etc.), parce que cela leur donne un bien personnel apparent. Mais si, par des conventions sociales, on dit que cette bicyclette leur «appartient», alors ils vont avoir tendance à en prendre mieux soin, à cause de la tendance naturelle des hommes à chercher leur propre intérêt. Cette Loi de l'intérêt n'est pas la loi économique suprême, et la propriété privée doit être comprise à la lumière du principe plus important de la destination universelle des biens [CoDoSo, No. 171]. Mais c'est quand même une loi très importante qui ne peut être reniée, mais qui doit être utilisée ingénieusement, un peu comme les ingénieurs en aéronautique qui se servent de la loi de la gravité et des autres lois afin de faire voler les avions. (C'est ce qu'on appelle en latin: «Natura vincitur nisi parendo», «On ne peut vaincre la Nature qu'en lui obéissant».)

4.3) La comptabilité. C'est un principe évident pour diminuer les «tuyaux percés», mais il est très important. C'est pourquoi les comptables existent, pour qu'ils puissent nous dire où chaque dollar est allé.

4.4) Plus le tuyau est court et moins il est alambiqué, mieux c'est. Tout comme en plomberie vous rajoutez une fuite potentielle à chaque fois que vous rajoutez un joint inutile, à chaque fois que vous rajoutez un autre intermédiaire, ou une autre couche de bureaucratie, vous ajoutez une source potentielle de gaspillage de ressources économiques.

Un exemple serait la «préréquation» au Canada. L'idée fondamentale est excellente: «Système de transfert de fonds inconditionnel permettant aux provinces moins riches de fournir des services comparables à ceux des provinces plus riches, sans accroître outre mesure le fardeau fiscal de leurs résidents» [PELLETIER, Réjean, TREMBLAY, Manon. Le parlementarisme canadien, 3e édition, PUL, 2005., p. 530]. En ce moment, ce bon système a besoin d'être ajusté, car le fédéral perçoit au Québec trop d'impôts, et les redonne ensuite au gouvernement provincial du Québec par la préréquation (cet état de choses persiste depuis de nombreuses années). Le gouvernement fédéral devrait plutôt diminuer ses impôts, et la province de Québec devrait les augmenter d'un montant égal pour éviter ce circuit inutilement complexe (Pourquoi prendre de l'argent du Québec pour le redonner au Québec?). D'innombrables autres exemples pourraient être donnés.

4.5) Plus de formation, et de meilleure qualité. Étant donné les mêmes «intrants», un travailleur peut augmenter son «extrant» (c'est-à-dire «avoir moins de fuites» pour reprendre notre métaphore de tuyaux) rien qu'en améliorant ses connaissances.

4.6) De meilleurs outils. La façon plus relevée de dire la même chose est de parler de «haute-technologie». N'oubliez pas qu'un des progrès technologiques les plus importants a été le simple rembourrage des jougs utilisés par les chevaux et les boeufs, pour tirer les instruments agraires. Grâce à cette innovation, le même animal pouvait tirer plus, ce qui augmentait la productivité. De nos jours, les ordinateurs sont des outils merveilleux qui nous rendent plus efficaces dans presque tous les domaines de l'économie.

Etc., etc. ...

5) Que dire des frais de scolarité? Devrait-on les geler, ou les dégeler?

Revenons à notre problème de départ sur les frais de scolarité pour les étudiants universitaires au Québec. Voici une liste d'énoncés que je considère comme inévitables, étant donné les principes ci-haut:

5.1) De par le No. 2.7, nous savons qu'il est impossible de répondre à cette question dans ce court article. La réponse la plus brève possible serait un programme électoral complet. Pour le manifester, imaginons deux scénarios. Premier scénario: Supposons qu'on décrète que tous les étudiants vont maintenant payer 100% de leurs frais de scolarité. Peut-être que tout ce qui arriverait, c'est que 100% des étudiants accumuleraient plus de prêts étudiants, et que 100% d'entre eux feraient faillite après leurs études. Comme le Gouvernement garantit ces prêts, le contribuable finirait par payer 100% des frais de scolarité! Deuxième scénario: On décrète que les frais de scolarité sont gratuits! Mais toutes les écoles commencent à appliquer des normes excessivement strictes, alors 99% des étudiants échouent leurs examens d'admission. Alors, même si les études sont gratuites, presque aucun élève n'a accès à l'instruction post-secondaire. Puisqu'il y a si peu d'étudiants, le Gouvernement peut faire un tas d'argent en vendant les gros édifices de l'université, et en ré-ouvrant une nouvelle université dans un petit garage. Alors même si le Gouvernement paie tous les frais de scolarité, il finit par faire un gros profit sur le dos des étudiants!

5.2) De par le No. 2.2, quelle que soit la situation dans les écoles du Québec au moment où on se parle, les choses iraient mieux si tous les étudiants et les professeurs devenaient membre de l'Opus Dei, ou quelque chose du genre. Imaginez: Tous les étudiants arrêteraient de gaspiller leur argent pour la bière, la pornographie, les voitures usagées (ils prendraient leur vélo ou l'autobus!), les voyages à Cuba, etc. Tous les étudiants éviteraient de négliger leurs études, éviteraient de sacrer en classe et dans les corridors (vous n'avez pas d'idée comme il est difficile de nos jours pour un chrétien de se tenir avec des étudiants québécois), éviteraient de tricher aux examens, éviteraient d'endommager les choses qui appartiennent à l'école, etc. De leur côté, tous les professeurs diraient la vérité («Désolé, je ne sais pas la réponse à votre question. Je ne suis qu'un chargé de cours sans doctorat et sans expérience dans le domaine du cours que je donne.») Ils travailleraient fort pour rester à jour dans ce qu'ils enseignent. Ils auraient aussi le courage d'être mal aimés par les mauvais étudiants, parce qu'ils imposeraient la discipline durant les cours (pour que les bons étudiants puissent apprendre en paix sans se faire déranger), et feraient échouer les étudiants qui méritent d'échouer, etc. Tout ceci pourrait être fait demain, sans frais pour le Gouvernement! (Bien sûr, nul besoin de se limiter à l'Opus Dei, c'est juste un exemple. Mais l'Opus Dei est très bon pour encourager les étudiants et les professeurs à mieux faire leur travail.)

5.3) De par les Nos. 4.5 et 4.6, «Si vous trouvez que l'instruction coûte cher, essayez l'ignorance». Donnez-moi une économie, n'importe quelle économie. Ça ne fait rien que ça soit une économie du Sud, ou du Nord, ou d'Aujourd'hui, ou du Moyen-âge, etc. Si vous améliorez les connaissances de tout le monde, vous allez accroître la prospérité (Ceteris paribus, bien sûr). Investir dans l'instruction, quand c'est bien fait, est toujours un bon investissement. Je ne peux pas imaginer pourquoi un Gouvernement ne voudrait pas aider de bons étudiants à obtenir de bons diplômes universitaires.

5.4) De par le No. 4.3, on devrait trouver où s'en va tout l'argent du contribuable. À quoi sert-il de déverser l'argent du contribuable dans le système éducatif, si on ne sait même pas ce qu'on obtient pour notre argent? En d'autres mots, combien d'apprentissage obtenons-nous pour nos «édu-dollars»? Pour le trouver, on a besoin d'évaluer les habiletés de manière plus ouverte et indépendante. Ceci est expliqué dans Le Bureau d'évaluation des compétences du Québec.

5.5) De par le No. 2.5, arrêtons d'utiliser nos universités comme des stationnements humains pour diminuer les statistiques de chômage. Oui, un Gouvernement peut payer de grosses subventions et garantir de nombreux prêts étudiants, afin d'accroître le nombre de diplômes inutiles en sexologie, en sociologie, en études autochtones, en macramé, etc. Sauf que notre économie a besoin de plus de techniciens, d'ingénieurs et de scientifiques. Même la plus minime connaissance de la nature humaine nous dit que, malheureusement, les gens ont tendance à suivre la loi du moindre effort. Et puisque les mathématiques, la physique, la biologie, etc., sont difficiles, alors le Gouvernement doit biaiser ses prêts et bourses étudiants contre les diplômes «Mickey-Mouse», et en faveur des disciplines plus difficiles. Voir aussi Cher Olivier (Lettre à un cégepien).

5.6) De par le No. 4.3, on devrait rendre aussi voyant que possible le coût total. Un moyen sûr d'augmenter le gaspillage est de cacher le prix, en totalité ou en partie. Je sais que lorsque j'étais un étudiant, je n'ai jamais su combien ma pauvre mère payait pour moi, ni combien mes études coûtaient vraiment (l'université ne divulguait pas le coût total, mais seulement le coût fortement subventionné). Si ça coûte 40 000$ par année par étudiant, alors facturons l'étudiant 40 000$ par année! L'État peut toujours écrire sur la facture: «Vous nous devez 40 000$, moins les 39 000$ provenant des poches éreintées et sous-payées des travailleurs de la basse classe moyenne qui veulent que tu obtiennes un bon diplôme, même s'ils ne savent même pas qui tu es». Au moins l'étudiant se sentirait un peu plus coupable quand il n'étudierait pas!

5.7) De par le No. 4.2, les frais de scolarité devraient faire mal aux portefeuilles des étudiants. Je ne vois aucune raison pour laquelle on devrait rendre les études post-secondaires gratuites. Je ne vois aucune raison pour laquelle les contribuables devraient faire de gros sacrifices, si la personne qui est la première responsable de son éducation n'a pas confiance que «ce cheval peut gagner cette course». Si un étudiant se rend compte qu'il n'a pas la maturité ou la motivation pour terminer son diplôme, il devrait avoir un bon incitatif financier pour arrêter de faire semblant qu'il est un étudiant, d'arrêter d'accumuler des dettes, et de commencer à travailler. Si un étudiant s'aperçoit que les conditions du marché sont telles qu'il n'aura probablement jamais d'emploi dans le domaine où il étudie en ce moment, il devrait avoir un bon incitatif financier pour changer de domaine. Plusieurs autres règles devraient probablement s'appliquer à cette «douleur» financière:

- Si un étudiant change de province ou de pays après avoir obtenu son diplôme, il devrait rembourser la partie de ses frais de scolarité qui avait été défrayée par le contribuable.

- Si un diplômé d'un pays du Tiers-monde se fait inciter à immigrer dans un pays riche comme le Canada par nos politiques d'immigration et nos critères d'admissibilité, nous devrions rembourser ce pays du Tiers-monde. (La fuite des cerveaux des pays pauvres vers les pays riches est scandaleuse. Ce sont eux qui ont le plus besoin de leurs diplômés.)

- La quantité de «douleur» imposée au portefeuille d'un étudiant doit être proportionnelle à la taille de son portefeuille. Dès que le Gouvernement distribue des prêts et des bourses, il doit le faire en fonction de la richesse des étudiants.

- Si, en tant que groupe, les étudiants s'enrichissent, la part des frais de scolarité payée par les étudiants devrait augmenter.

Etc., etc. ...

Alors, quelle proportion exacte des frais de scolarité devrait être payée par les étudiants? J'aurais besoin d'avoir accès à beaucoup plus de chiffres que je n'ai pas pour l'instant. En fait, il faudrait probablement que je travaille pour le Gouvernement, car une partie de ces informations doit être confidentielle (comme les rapports d'impôts des parents d'enfants gâtés qui font la fête et n'étudient pas). Mais au pif, je ne pense pas que ça serait bien important. Si on mettait en oeuvre toutes les suggestions ci-haut, alors toute proportion raisonnable du fardeau financier transféré aux étudiants me satisferait. Et n'oubliez pas que je suis le «Rêve du Fisc»: je suis célibataire, je gagne bien ma vie, je déclare tous mes revenus, j'ai zéro enfants à charge, et je ne consomme aucun service du Gouvernement comme la santé ou l'assistance sociale, etc. Alors toute augmentation dans le financement de l'État pour les étudiants va venir des poches de gens comme moi.

6) Conclusion

Cet article n'a qu'effleuré la surface du problème des frais de scolarité, et de l'immense discipline de l'économie, alors il n'y a pas de conclusion, à part:

Ne laissez pas ces livres d'économie jaunir, rougir et brunir, puis tomber au sol comme autant de feuilles mortes. Ramassez-les, et que la sève de votre intellect les vivifie, pour un nouveau Printemps de l'économie!


7) Annexe: Boycottage étudiant et manifestations violentes de 2012

Pauline Marois, Chef du Parti Québécois, donnant le sein à Gabriel Nadeau-Dubois, un porte-parole de la coalition étudiante CLASSE.

J'ai écrit cet article vers le 2006-novembre-11. Il y a quelques jours (j'écris ceci le 2012-mai-24), plusieurs étudiants du Québec ont «célébré» le 100e jour du boycott de leurs cours. Cette controverse sur les frais de scolarité a cette fois-ci mené à d'énormes manifestations, des roches lancées contre les policiers anti-émeute, des cocktails molotovs, la fermeture du métro de Montréal durant l'heure de pointe du matin à cause de bombes fumigènes, des étudiants masqués qui désobéissent à des injonctions de la Cour et qui empêchent d'autres étudiants d'aller à l'école, etc.

Je ne suis pas au courant des détails de la dispute. D'après ce que j'ai glané, plusieurs étudiants ne veulent pas boycotter leurs cours, mais se font intimider par une minorité qui n'hésite pas à manipuler et à intimider. Aussi, les politiciens gauchistes habituels (Pauline Marois, Amir Khadir, etc.) et les médias gauchistes (Radio-Canada, Le Devoir, etc.), attisent les flammes du mécontentement autant qu'ils le peuvent.

À ma connaissance, les aspect financiers en tant que tel ne sont pas controversés: le gouvernement veut simplement faire du rattrapage sur les frais de scolarité, puisqu'ils n'ont pas été ajustés pour l'inflation depuis plusieurs années. Apparement, l'augmentation de cette année aurait été équivalente à moins d'une tasse de café par jour pour les étudiants. Même avec toutes les augmentations prévues, les frais de scolarité dans cette province seraient encore loin en-deça de tous les autres en Amérique du Nord.

L'image au début de cet Annexe résume bien mon opinion de cette ronde de la controverse. (Désolé, non, je n'ai pas été assez futé pour l'inventer!) Elle imite une page frontispice récente de la revue Time Magazine. On y voit Pauline Marois, Chef du Parti Québécois, qui est un parti très gauchiste et très entiché de l'État-Providence (ou «Gouverne-Maman»). Ceci est montré de manière hilarante par le fait qu'elle donne le sein à Gabriel Nadeau-Dubois, un porte-parole de la «CLASSE», la coalition étudiante qui est le plus pro-boycottage et la moins enclin à condamner les nombreux actes illégaux qui se font commettre. Même les pseudo-manchettes supplémentaires sont hilarantes: «Les gens masqués sont les victimes» et «Méchant Charest!» (c'est-à-dire Jean Charest, l'actuel Premier ministre provincial). Elles sont en effet à peine exagérées comparées aux «nouvelles» dont nous abreuvent quotidiennement Radio-Canada et Le Devoir.

J'ai entendu dire que Nadeau-Dubois est un étudiant en Sociologie. Même cela est ironique, puisque aucun des nombreux journalistes gauchistes dans cette province n'a osé poser une question sociologique toute simple:

Parmi tous les étudiants qui boycottent leurs cours, quel pourcentage d'entre eux a studieusement évité les Mathematiques?

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